Un swissroll

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Depuis août 2003, blog-notes de l'actualité (gaie ou non!) sur terre, au ciel, à gauche, à droite, de Genève, de Londres...

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lundi 5 janvier 2009

Gaza

Qu'écrire de plus sur ce qui se passe en ce moment au Moyen-Orient? Si le simple alignement sur les uns ou les autres ne présente guère d'autre intérêt que de choisir où l'on se situe (et c'est parfois édifiant), l'originalité provocatrice ne me paraît pas vraiment de mise. Juste quelques remarques, donc, et surtout parce qu'écrire me permet de réfléchir.

On connaît la déformation de la perception qu'entraîne la proximité[1] (des milliers de morts en Afrique ou en Asie n'ont pas le poids de quelques dizaines de victimes proches), et les outrances verbales auxquelles cette déformation conduit: massacre, génocide, nettoyage ethnique. Un autre aspect qui me frappe particulièrement ces jours c'est cette manière de traiter et de découper un conflit[2] comme un feuilleton familier, une série télé, un enième match entre équipes rivales: et l'on peut faire assaut d'érudition pour rappeler tel fait obscur ou moment dramatique des épisodes précédents.

Reste ce qui est pour moi l'essentiel: il est intolérable de faire comme si Israël devait accepter en faisant le gros dos les missiles tirés de Gaza. Dirigés contre des civils sur le territoire de l'Etat d'Israël, chacun d'eux est un crime de guerre, mais cela n'est jamais rappelé. Dans les médias, surtout audio-visuels, c'est en revanche chaque victime civile collatérale d'une frappe israélienne contre un objectif militaire ou stratégique parfaitement légitime qui est présentée comme inacceptable.

Mis en place prématurément, un cessez-le-feu ne serait qu'un encouragement pour le Hamas alors que c'est lui qui a, par ses tirs, rompu une trêve fragile. Ce qui importe c'est plutôt de préparer la suite: l'occupation par une force militaire internationale de l'ensemble du territoire palestinien et de ses frontières avec le triple objectif de mettre fin aux activités et trafics terroristes (dont il serait naïf de croire qu'ils ne visent qu'Israël), d'assurer l'ordre sans lequel aucun développement n'est possible (à conduire probablement, pour une génération, sous la haute surveillance d'une autorité civile internationale elle aussi, vu l'ampleur de la rééducation à accomplir) et de ramener ainsi l'armée israélienne à l'intérieur de ses frontières, la sécurité d'Israël étant garantie. Utopie?

Notes

[1] Ici essentiellement symbolique.

[2] Certains conflits!

mercredi 31 décembre 2008

Qui est Yiad Jamal al Din?

Il commence à être présent sur de nombreux sites, sous le titre de "juste musulman" mais je n'ai trouvé son nom – Yiad Jamal al Din – et rien d'autre que la mention 'intellectuel' – sur le site du Crif et sur ce site seulement. J'aimerais évidemment en savoir plus sur ce chiite irakien. Il s'agit donc d'un montage, mais l'orateur a l'air très consistant.

Trop beau pour être vrai? Un intellectuel qui ne semble pas dépourvu de foi, d'attachement à sa tradition, qui semble faire preuve de connaissances solides et passionnées de l'histoire de Mahomet et de la théologie du Coran. Il s'exprime en arabe (d'où le fait qu'il soit introuvable sur Google?) en faveur de la laïcité et critique vertement les dérives que les intérêts personnels (= 'hypocrisie') font subir à la religion. Il fait des comparaisons entre Israël et les pays arabes du point de vue de la démocratie. Mais où est la faille?

En attendant d'en savoir plus, merci à Homme Libre pour cette révélation, au sens le plus apocalyptique qu'on puisse espérer.

samedi 27 décembre 2008

La foi est-elle contre-nature?

Certain souverain pontife pense avoir trouvé la parade imparable pour contrer le militantisme gai et lesbien sans avoir à prononcer le mot homosexuel. Il s'en prend désormais aux études genre, qui pensent, à la suite de Simone de Beauvoir, qu' "on ne naît pas femme (ou homme), on le devient." Donc c'est la société et sa culture qui font, qui construisent ce qu'est un homme ou un femme. (La question de la pondération des facteurs sociaux et biologiques n'est évidemment pas résolue et alimente les controverses.) Malgré la (relative) jeunesse de ces études, on peut gager que la position papale fera plutôt ressortir leur pertinence.

Pour le pontife souverain, cette démarche académique va à l'encontre de l'ordre créationnel. Elle autoriserait, elle justifierait des comportements qui représentent un danger aussi grave pour l'humanité que tout ce qui met en péril l'écosystème de la terre.

D'un côté, on peut s'inquiéter de ce recours à l'écologie pour parler d'un ordre naturel assimilé à un ordre divin. Le raisonnement logique est: Dieu a créé la nature avec ses lois; les lois de la natures étaient donc dans l'entendement de Dieu de toute éternité; donc les lois sont divines. Dans les années trente, on parlait aussi d'ordre naturel: certes c'était pour justifier le racisme pro-aryien, et l'idéologie nazie était en opposition frontale avec le judaïsme et le christianisme. Mais quand même... Des esprits moins bien intentionnés que notre bon pape pourraient se trouver justifiés à prôner les pires discriminations.

D'un autre côté, faut-il s'inquiéter ou rire quand, en voulant recourir à une sainte écologie on se met en contradiction avec des aspects constitutifs de la tradition qu'on représente. En effet, le message judéo-chrétien (comme d'autres religions sans doute), bien loin de sanctifier la nature et ses lois, les subvertit. Dame Nature n'est pas une tendre mère (est-on sûr que de son genre féminin?): pensons à la loi de la jungle, qui n'est autre qu'un instinct de survie tout ce qu'il y a de plus naturel. L'amour, la grâce, le pardon, le souci des plus faibles, relèvent d'un ordre non pas naturel mais spirituel, voire surnaturel (disent Paul, Thomas, Pascal).

Qui plus est, dans la Bible, qui s'inscrit dans une culture patriarcale, la divinité n'hésite pas à revendiquer des traits tant masculins que féminins: elle est un père très aimant [1], un amant éploré puis éconduit [2], une mère, une nourrice [3], une mère aigle [4], une mère poule [5], une princesse-danseuse-favorite [6]. Dans le second Testament, les hommes, autant que les femmes, ont été fiancés au Christ.[7]

Le temps manque pour aborder les questions qui fâchent: "nature et célibat" (des prêtres, au hasard), et la publicité faite aux eunuques-pour-la-bonne-cause[8] et autres masculinités peu conformes à l'ordre naturocréationnel donné en référence.

Notes

[1] Osée 11,1

[2] Osée 3,1 / Ezéchiel 16

[3] Osée 11,4

[4] Deutéronome 32, 11

[5] Matthieu 23, 37

[6] Proverbes 8,22-31

[7] 2 Corinthiens 11,2

[8] Matthieu19,12

mardi 9 décembre 2008

Demain, le Parlement élira un conseiller fédéral démocrate-chrétien

Dernière mise à jour: 10.12.08, 16h30

Cette nuit, le (tout petit) monde politique fédéral entre en transe: demain, on élit un nouveau membre du collège gouvernemental pour remplacer le démissionnaire Samuel Schmid. Et dans une démocratie suisse imperméable à la confrontation idéologique (ou prétendument telle) dont les autres pays occidentaux sont friands, c'est un rituel magique haut en couleurs et en surprises, plus proche en vérité de l'élection d'un pape par la Curie.

D'un autre côté, on peut penser que les parlementaires voudront calmer le jeu après les bouleversements récents: chantage réussi à l'élection, en lieu et place d'une conseillère fédérale démocrate-chrétienne qui se représentait, du leader populiste Christoph Blocher, il y a 5 ans, suivi il y a un an du déboulonnage de celui-ci pour incompatibilité d'humeur avec l'esprit des institutions, au profit d'une coreligionnaire qui a pris depuis la tête d'un parti dissident (et moins extrémiste)...

Le résultat qui serait logique et ferait rentrer dans un semblant d'ordre le monde politique suisse serait l'élection d'Urs Schwaller, un parlementaire démocrate-chrétien alémanique du canton de Fribourg respecté et doté d'une solide expérience gouvernementale. Alors serait rétablie, actualisée, la "formule magique" d'un Conseil fédéral composé de manière proportionnelle par 4 partis qui, sans un accord de coalition contraire à la tradition suisse en raison de la prééminence de la démocratie directe sur les appareils politiques, ont néanmoins suffisamment en commun pour chercher ensemble les compromis pragmatiques susceptibles de réunir des majorités parlementaires solides (= résistant en cas de vote populaire aux séductions de référendaires ou d'initiants désireux de tirer la couverture à eux). Le signal donné l'an dernier en démettant Blocher serait ainsi simplement confirmé, et le parti populiste n'aurait plus qu'à se replier sur sa rente (narcissiquement coquette, au demeurant) de parti d'opposition de droite.

Mais personne n'en parle: les candidats officiels sont d'une part, pour le parti populiste, un choix composé de Christoph Blocher lui-même (sans illusion) et de son homme-lige, Ueli Maurer, d'autre part, le candidat alternatif Luc Recordon (Vert vaudois). Et aussi aberrant que cela puisse paraître, alors même que le parti blochérien en désarroi n'est pas parvenu à concrétiser ses menaces d'opposition totale impliquant une politique du pire simplement intenable tant pour ses élus que pour son électorat, radicaux, démocrates-chrétiens et même socialistes ne paraissent avoir qu'un souci: considérer l'épisode Blocher comme une parenthèse et faire amende honorable en élisant Maurer un blochérien.

Comme si cela allait faciliter les choses: pour soulever deux problèmes, un Conseil fédéral éclaté entre 5 partis (dont deux, le parti blochérien et le PS, sont naturellement tentés de jouer sur les deux tableaux du gouvernement et de l'opposition), et un jeu permanent de chaise musicale entre les quatre grands partis pour savoir lesquels auront ou n'auront pas deux conseillers fédéraux. On saura demain si tout cela n'était que superstition et intox, ou si réellement un gâchis complet résultera des petits calculs minables des uns et des autres: un Conseil fédéral faible et divisé pour plaire aux socialistes, un Conseil fédéral sans deuxième PDC pour plaire aux radicaux, un Conseil fédéral sans deuxième PDC parce que les PDC n'osent pas oser une deuxième fois. Et le parti populiste, y gagnera-t-il vraiment, passé la satisfaction d'avoir tourné les autres partis en ridicule? C'est loin d'être sûr. Car Maurer a beau être le "fils préféré", il n'a sûrement pas l'orgueil solitaire et méprisant inouï d'un Blocher: il ne saura pas résister comme lui aux sirènes du pouvoir exécutif et de ses compromissions. Finalement, l'élection de Schwaller ferait aussi l'affaire du parti blochérien...

COMPLEMENT DU 10.12 à 11h: C'est donc Maurer. Non sans suspense même s'il n'avait guère de signification politique: d'une seule voix, au troisième tour, contre un coreligionnaire qui n'était pas candidat mais le menait, au tour précédent, de deux voix!

COMPLEMENT DU 10.12 à 16h30: La tentative de faire dérailler le train Maurer a donc failli réussir, même si son objectif manquait de franchise et d'ambition. En élisant un parlementaire populiste aussi orthodoxe que possible[1] alors que le parti blochérien a clairement dit qu'il ne le tolérerait pas, on aboutissait à deux résultats possibles: soit il finissait par accepter et l'on aurait vu "qui commande ici", pour reprendre le mot de Yann Richter après l'élection d'Otto Stich en lieu et place de Lilian Uchtenhagen, soit la partie se serait rejouée le mercredi suivant, comme après le refus contraint et forcé de Francis Matthey d'accepter son élection en lieu et place de Christiane Brunner. Le parti populiste n'ayant vraisemblablement pas de Ruth Dreifuss à sortir de son chapeau, c'était soit au Parlement de manger le sien en finissant par élire Maurer, soit le moment d'élire alors en toute bonne conscience Urs Schwaller, démonstration faite que le parti blochérien n'est pas fréquentable. Le résultat paradoxal d'aujourd'hui, c'est qu'il n'y a guère de voix d'extrême gauche, verte ou socialiste qui ne se soit pas portée sur un populiste orthodoxe, alors qu'en période normale elles se détournent de candidatures radicales ou démocrate-chrétiennes parfaitement honorables...

Notes

[1] C'est la grande différence par rapport à l'an dernier.

dimanche 30 novembre 2008

Scrutin du 30 novembre: les questions, les affiches... et les résultats

Affiche d'aloys lolo pour le OUI à la loi sur l'université - vers l'album photosDernière mise à jour: 04.12.08 à 10h58

Toujours plus tard, pardon... En fait l'album des affiches relatives à ce scrutin est en ligne et annoncé dans la colonne de gauche depuis 3 semaines, mais je n'ai jamais pris le temps de faire ce billet: une des raisons, c'était la complexité de résumer un scrutin portant sur 5 objets fédéraux (plus explosifs les uns que les autres: imprescribilité des actes de pornographie enfantine, régime de retraite, qualité pour recourir des organisation de protection de l'environnement en matière administrative, distribution contrôlée d'héroïne aux toxicomanes, libéralisation du chanvre) et, sur le plan genevois, d'abord sur 6 questions avant d'être ramené à 3 (logement, frein aux dépenses publiques et statut de l'Université). En effet un objet, l'orientation / sélection des élèves entre 12 et 15 ans, qui se décomposait en trois questions distinctes (initiative populaire, contre-projet et question subsidiaire), a été annulé par le Tribunal administratif à 12 jours de la clôture du scrutin et reporté au printemps prochain.

Une autre raison, c'est probablement une modestie feinte: j'étais particulièrement engagé dans ce scrutin, y compris à titre professionnel, pour la campagne en faveur de la nouvelle loi sur l'Université de Genève, dont j'ai eu en particulier le plaisir de commanditer l'affiche au dessinateur genevois aloys lolo. Elle a recueilli 72% de voix favorables en réponse au référendum lancé par l'extrême gauche, prétendûment au nom des étudiants et du personnel non-professoral de l'Uni (sans jamais parvenir à être crédible, malgré un contexte loin de lui être défavorable).

Pour ceux que cela amuse, j'ai eu recours, pour cette courte campagne, à un site purement temporaire, ce que j'appelle un site web pour Ordre mendiant: il est réalisé sous Google Documents, au traitement de texte (avec cet autre outil gratuit bien pratique pour faire des URL à peu près présentables)! Une petite tricherie avec les fichiers PDF, dont Google Docs n'offre pas encore l'accès public et que j'ai donc hébergés sur un serveur perso (mais j'aurais aussi pu leur trouver une adresse en ligne). C'est mon utopie sur le dépouillement par le nuage...

samedi 15 novembre 2008

Le OLPC XO en vente en Europe dès lundi

G1G1: give one, get oneLe XO, je vous en ai parlé ici: c'est un ordinateur pour les enfants et ceux qui le sont restés... une réalisation écologique et indestructible qui a réinventé le laptop... l'outil d'une révolution pédagogique et de l'accès à l'éducation et à l'Internet, donc au progrès et au développement, dans les régions les plus pauvres et reculées du tiers-monde... et bien d'autres choses encore.

J'avais acheté le mien à la même époque l'an passé à l'occasion d'une première opération promotionnelle via les USA. Elle est renouvelée cette année et s'étend à l'Europe, ce qui comprend même la Suisse ;-) (et la Turquie, et jusqu'à la Russie) dès lundi 17 novembre (en milieu de journée), pour une période limitée... Et l'intendance devrait mieux suivre, car la Fondation OLPC (Un ordinateur par enfant) de Nicholas Negroponte passe désormais par Amazon (le site britannique pour la vente en Europe au prix de 275 £, soit actuellement 485 CHF ou 321 €... A ce prix, vous payez deux XO: un pour vous, un pour un enfant dans le tiers-monde. Et la communauté des mordus du XO est prête à accueillir les nouveaux adeptes: en Suisse c'est ici, en France c'est là.

vendredi 31 octobre 2008

Chauvinisme manichéen ou barbarie (à la Todorov)

Cocorico européanocentré, manichéisme de l'antimanichéisme américain: telles sont les ficelles de la recension dans Le Temps du dernier ouvrage de Tzvetan Todorov. Mais après avoir cru que ces partis pris étaient ceux de l'auteur de l'enthousiaste article, qui les rétroprojetterait sur le sujet traité, à lire les citations, je ne peut hélas pas mettre au bénéfice du doute le prestigieux essayiste français d'origine bulgare[1].

Il est question du modèle d'"Europe tranquille" caractérisé par l' attachement au pluralisme, le souci de la négociation en lieu et place de l'affrontement. Comme le disent ces amants de la modération, ces Européens qui s'ignorent, ces héritiers véritables des Grecs et de leur Μηδέν Άγαν[2] que sont les Vaudois: Pour la modestie, y en a point comme nous.

Autant dire que les Etats-Unis ne sont pas nés du pluralisme, que le Premier Amendement ne représente rien, et que les guerres séculaires européennes (surtout les guerres de religion) ont été menée avec parcimonie et dans la plus grande tranquillité, avec un extrême souci du dialogue.

Dans l'article du Temps, il y a une définition de Todorov sur la barbarie et la civilisation.[3] Tirons-en les conséquences: Le monde se divise en deux catégories: les civilisés et les barbares. Les barbares ne reconnaissent pas l'humanité des autres. Autrement dit, ils ne connaissent pas l'altérité. Les civilisés eux reconnaissent l'altérité des autres. La supériorité des civilisés, c'est qu'au lieu d'avoir une vision uniforme du monde, ils distinguent deux catégories: eux (qui distinguent deux catégories) et les autres... Etre civilisé, c'est donc être manichéen.

Notes

[1] Il fait partie des pères fondateurs du structuralisme, dont j'ai dit ici le bien qu'il fallait quand même en penser.

[2] Mêden Agan, rien d'excessif

[3] La barbarie ne comprend qu'une seule catégorie d'individus: ceux qui nient l'humanité des autres. (...) La civilisation est la capacité de saisir la différence de l'autre ou se mettre de plain-pied avec les autres (définition goethéenne).

mercredi 29 octobre 2008

Pour une parité sans quotas dans les assemblées représentatives

Toujours taper sur le clou... Mais il faut aussi utiliser les bonnes occasions. La régression, à vrai dire inattendue, de la proportion de femmes élues à l'Assemblée chargée de préparer une nouvelle Constitution pour le canton de Genève fait aussi entrer dans le vif de ce que cette Constituante peut proposer: notamment la parité, la vraie, toute la parité, rien que la parité. J'en avais déjà parlé ici ou sur ce blog, et j'en ai fait une tribune pour le quotidien Le Temps.

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vendredi 24 octobre 2008

Mc Cain et les Emirats arabes unis dans spiked

Est-ce un effet du Google Reader? Toujours est-il qu'il m'importe de signaler deux articles de spiked:

  1. Un qui consiste en une critique de Mc Cain qui intègre des points de vue qui ne sont pas de gauche
  2. Un autre qui nous parle des Emirats arabes unis, tirant prétexte du fameux cas de sexe sur la plage sans aucunement s'y attarder.
		

dimanche 19 octobre 2008

Election d'une Constituante - les affiches

Liste 18 - Les Associations de Genève, par PoussinIn extremis, pour le pas dire impardonnablement en retard, je finis par mettre en ligne le traditionnel album de photos des affiches de campagne en vue de l'élection d'une Assemblée constituante dans la République et canton de Genève. Il s'agit de remplacer l'actuelle Constitution de 1847 (soit encore avant la création de l'Etat fédéral en 1848, quand la Suisse n'était qu'une Confédération d'Etats gouvernée par une Diète itinérante: le canton Vorort changeant chaque année), mais aussi plus largement de prendre le temps et les moyens d'une réflexion fondamentale. Je suis fier d'avoir participé au mouvement qui a donné l'impulsion décisive pour vaincre l'inertie et permettre cette élection. La Constituante a quatre ans pour rendre son projet, que le peuple adoptera ou non.

Mais pour le moment nous en sommes à l'élection. L'Assemblée comptera 80 membres,élus au scrutin proportionnel de liste: il y a 18 listes en présence (dont un nombre inusité de listes indépendantes de partis politiques), mais ne participent à la répartition des sièges que celles qui réuniront au moins 3% des suffrages[1]. Selon une spécificité que le monde qui connaît la proportionnelle devrait envier à la Suisse, la liste n'est pas bloquée par les états-majors qui choisissent, en fait, qui seront les élus (ceux qui sont en début de liste)[2]: l'électeur peut biffer des noms, et même en rajouter d'autres partis. Moi par exemple, j'ai voté pour 20 personnes seulement. Cela veut dire que je leur ai donné une voix à chacun que leur co-listiers n'ont pas. Sur ce nombre, 18 appartiennent à 6 autres listes que mes deux "élus" de la liste de mon choix. Du point de vue de la répartition proportionnelle, j'ai donc donné 62 suffrages à cette dernière liste, et de 1 à 5 aux 6 autres listes. Et j'ai la satisfaction d'avoir pu peser sur le choix des élus de 7 listes.

Le scrutin, qui dure depuis trois semaines, est clos à midi ce dimanche 19 octobre. On devrait connaître les résultats dans la soirée, nous promet-on, sinon lundi matin.

Notes

[1] C'est le quorum retenu par l'arrêté constitutionnel qui a organisé cette élection extraordinaire, plus bas que le 7% usuel à Genève.

[2] Qu'on pense à l'élection du Parlement européen en France.

samedi 18 octobre 2008

Ô capitalisme, où est ton échec?

Même en avocat du diable, je n'ai pas spécialement envie de défendre

  • les traders qui par définition n'ont pas à voir venir autre chose que le très court terme
  • les CEO dont le salaire relève de la poésie et de la musique des sphères célestes, à force d'être surréaliste et astronomique
  • les investisseurs qui n'auraient rien à gagner s'ils n'avaient rien à perdre, qui gagnent en achetant, vendant ou prêtant ce qu'il n'ont pas (c'est comme l'amour qui consiste à donner ce qu'on n'a pas)
  • les spéculateurs et les banques en général qui créent de la valeur ex nihilo (qui font mieux que le Dieu créateur - les valeurs étant en lui incréées et éternelles)
  • les experts, journalistes, thuriféraires et autres valets du système qui de savoir ne se lassent pas

Toutefois, j'en ai assez d'entendre parler de l'échec du système capitaliste:

- L'eau et le feu sont-ils en échec parce qu'il y a des noyades et des incendies?
- La circulation routière en elle-même est-elle un échec parce qu'elle engendre des accidents?
- La vie est-elle un échec parce qu'elle se termine par la mort?
- La liberté est-elle le Mal du seul fait qu'elle le permet et qu'il arrive?

Par ailleurs, quel est le statut ontologique du capitalisme? Est-ce que le capitalisme existe? Comme une personne? Comme Dieu? Comme un cadre? Comme une condition de possibilité? Ou bien n'est-ce qu'un terme abstrait qui n'a commencé à exister que par la critique qui en a été fait?[1] Par ailleurs, l'absence d'un certain nombre de règles dans un jeu, avec des conséquences funestes, n'implique pas en soi la disqualification du jeu comme tel et de la liberté d'y jouer.

Ô malhonnêteté intellectuelle de qui fait ces raccourcis! Ô paresse de qui les relaie!

Notes

[1] Le libéralisme n'a-t-il pas pris conscience de lui-même qu'en s'opposant à la théocratie, qu'en contestant la supériorité des privilèges de naissance sur les mérites acquis, etc.?

Comment se fabriquer un ennemi de classe ou une classe ennemie

Maintenant que nous pouvons partager, via Google Reader, nos découvertes avec nos honorables lecteurs[1], nous ne devrions plus faire de billet consistant avant tout à attirer l'attention sur un article lu ailleurs. Qu'il me soit permis cependant de faire mention de cet article de spiked dont on pourra résumer le constat ainsi:

La gauche américaine, ou plutôt les médias qui s'y rattachent, agit comme si son plus dangereux ennemi, c'étaient les classes populaires (blanches)[2]. Mais spiked ne pose pas la question de savoir si c'est un phénomène exclusivement américain. Disons que c'est l'évocation de la violence qui semble inédit.

Notes

[1] Enfin, ceux qui viennent sur le site, pas ceux qui lisent le fil RSS -- mais ces derniers peuvent s'abonner aussi à nos listes Google Reader! :-)

[2] En l'occurrence, il s'agit des red necks. La traduction standard est plouc - on peut aussi penser à beauf ou à péouse -- sauf que les nuques rouges sont davantage susceptibles de s'attribuer le terme péjoratif par dérision.

dimanche 12 octobre 2008

Eveline Widmer-Schlumpf en Sarah Palin, pitbull aux yeux bleus, et les Grisons comme Alaska?

Certes, c'est un peu tiré par les cheveux... Mais c'est le genre de délire qui me distrayait en même temps que j'écrivais un article très sérieux d'analyse politique sur les reclassements en cours depuis un an dans la droite suisse, et qui sont sans doute loin d'être terminés. J'avais souligné à l'époque combien la ministre UDC élue par surprise par le Parlement fédéral, en lieu et place de Christoph Blocher, le chef, pour ne pas dire le Lider maximo incontesté du parti alors à cheval entre le gouvernement et l'opposition la plus populiste, pouvait soulever des espoirs déraisonnés. Dix mois plus tard, les choses se décantent. Elle pourrait effectivement, comme Sarah Palin, avoir le pouvoir de galvaniser vers l'action des personnes qui ne s'y destinaient pas a priori (et sans exercer d'effet repoussoir): ramener dans le jeu politique traditionnel un électorat qui s'en éloigne dangereusement -- ce qui en Suisse veut dire contribuer de manière positive à des solutions qui trouvent une majorité solide au Parlement, susceptible de ne rassembler contre elles qu'une minorité en cas de votation populaire.

Ca m'a semblé d'un intérêt trop local pour que je le rode d'abord comme billet sur ce blog, avant sa publication par Domaine Public et le quotidien Le Temps. Mais le voici tout de même.

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vendredi 10 octobre 2008

Une fin du monde très civilisée

Or donc, on l'attendait du trou noir du CERN engloutissant tout l'univers[1]. Elle vient finalement des marchés financiers, ce sera limité à la Terre et ce sera en quelque sorte plus désagréable. Mais dans la vague de sinistrose qui menace de tout engloutir, il y a des îlots rassurants: la garantie de l'épargne individuelle, ça semble fonctionner aussi bien que le remboursement, sans discuter, des débits pirates sur la carte crédit.

Je puis en témoigner car, au fond il me semble qu'il n'y a pas de honte à l'avouer, j'avais placé 10'000 CHF sur un compte auprès de la branche suisse de Kaupthing, une banque islandaise[2]. Je savais pertinemment[3] qu'elle n'avait pas une réputation conservatrice... et je me doutais qu'un taux d'intérêt très supérieur et à l'inflation et à la rémunération "normale" en Suisse (4% au lieu de 1,5% au mieux, l'inflation devant être à quelque 2,5 ou 3%) était un peu risquée... d'un autre côté, ça ne semblait pas totalement déraisonnable de penser qu'une banque qui avait l'originalité de simplifier drastiquement son offre et ses coûts[4] sous le nom tentateur de Kaupthing Edge[5] pouvait aussi être plus profitable. Bref quand je suis tombé sur la pub web cet été (la banque a ouvert ici en juillet) je n'ai pas manqué d'être intéressé.

Ces derniers jours, j'ai évidemment senti le vent froid du nord, ou faut-il dire la banquise fondre sous mes pieds, avec le fatalisme qui me caractérise quand je sais que ce n'est pas particulièrement moi qui suis visé et que je reste insolemment protégé par 36 autres circonstances. J'ai quand même eu la curiosité d'aller voir le site l'autre jour: il était bloqué avec l'avis d'une procédure luxembourgeoise. Bon, attendons. Et aujourd'hui il y a un bel avis (en anglais uniquement): la Commission fédérale des banques a pris, comme il se doit, les choses en main.

As a customer of Kaupthing Swiss branch you will be contacted with instructions on how to secure swift settlement of your accounts up to the maximum insured amount.

Le montant de la garantie étant de 30'000 CHF (ce qui n'est certes pas élevé en comparaison internationale), je n'ai personnellement pas de souci à me faire. Mon amour-propre se remettra de cette mésaventure, en retrouvant le bercail de ma banque à 1,25%.

Notes

[1] J'imagine de manière indolore d'où mon inaptitude à comprendre les suicides préventifs bien réels qui ont apparemment eu lieu en Inde.

[2] C'est pour faire court, et la suite montre qu'en effet ça n'a pas plus d'importance que ça: la succursale genevoise de la filiale de Kaupthing au Luxembourg.

[3] Elle est bien plus connue au Royaume-Uni, où j'ai un pied mais pas d'économies.

[4] Trois produits seulement, et sans aucune prestation annexe: un compte à vue, un placement à 6 mois, un placement à un an, ces deux derniers offrant curieusement, pendant la période de lancement, un taux inférieur au compte! Et tout cela par internet, de et vers votre compte usuel.

[5] Dont un des sens est assez coquin en anglais: le bord de l'extase comme le bord du gouffre...

mardi 23 septembre 2008

Voir le bon côté des choses (essayer)

Cet article du Matin nous apprend qu'à Zurich, "le directeur du Service médical de l'assurance invalidité démissionne suite aux révélations de la NZZ am Sonntag sur son passé de néonazi allemand et de pédophile". Indignation, révolte devant l'incompétence des ressources humaines, devant l'arbitraire et l'injustice et surtout le mépris que cela signifie à l'égard des gens compétents et honnêtes qui ne se font pas engager.

Et défi pour l'avocat du diable: y a-t-il quelque chose de positif à extraire de ce genre de nouvelle? – Le fait qu'on prenne les médias sérieux au sérieux? – La preuve de l'étanchéité rassurante des cloisons d'une vie? Du respect de la vie privée? – Dorénavant, on ne peut plus en douter: ici, chacun-e a sa chance et le rêve n'est pas qu'américain.


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